Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 11:56

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Tout simplement, voilà comment je vois les choses aujourd’hui. Depuis le début de son quinquennat, Sarkozy a montré que son camp était celui du patronat ultralibéral jusqu’à l’extrême, antisocial par plaisir et anti républicain par conviction génétique. Après lui avoir fait  invoquer Jaurès, Blum et la lettre de Guy Moquet, les scribes de l’Elysée firent préférer au Président de notre république, un curé plutôt qu’un instituteur et suscitèrent ce commentaire détestable, concernant le continent africain, qui n’avait pas su descendre de son arbre assez tôt. Empiler les dérapages verbaux, quantifier les atteintes à la laïcité ou les appâts racistes et bien gras utilisés par le Fouquet sarkozyste qu’est le ministre Guéant, ne sert plus à rien politiquement. Le plus grossier personnage que la république ait eu à subir aura beau jouer les vierges effarouchées et ameuter ses aboyeurs, Morano ou Lefebvre, plus personne ne doute du fond mauvais qui habite cet individu étrange. Caché dans cette enveloppe trop étriquée, il donne l’impression de vouloir sortir du corps qu’il habite et le secoue frénétiquement de spasmes irrépressibles. Pendant ce temps, le peuple tout entier s’enfonce dans la crise, mais pas seulement économique. Là encore, inutile de revenir sur le « travailler + » ou le  «ensemble tout est possible», qui ont hypnotisé les électeurs de 2007. Les  revenus et moyens financiers de presque tous les citoyens ont baissé et jamais un gouvernement n’aura osé opposer autant les français les uns aux autres, pour, par la division, mieux régner sur des ruines. Qui aujourd'hui encore est capable de dire que ses enfants ou la génération vivront demain dans un monde plus agréable qu'aujourd'hui?

Personne ne nie la crise internationale causée par les financiers et les banquiers obsédés par leurs bénéfices. Mais personne ne peut nier non plus la réalité d'une société vivant ailleurs qu’au Fouquet’s et qui sombre au fil des résultats économiques, plus profondément dans la misère. Qui peut prétendre que la souffrance n’est pas à sa porte ? Ni même à l’intérieur de sa  maison lorsqu’il a la chance d’en avoir une ? Notre société française, faite de liberté et d’humanisme, choisie comme modèle par les pays qui accédaient même tard à la démocratie, en est réduite depuis 2007 à revenir sur des acquis tellement anciens que beaucoup d’entre nous en ignoraient l’origine. En effet, ce fut le Conseil National de la Résistance, aux pires moments économiques de l’après-guerre, qui choisit pour notre république de proclamer la Sécurité Sociale et la retraite comme les outils de solidarité indéfectibles de notre pays. Modèle de référence devenue sujet de moqueries et de critiques sous Sarkozy, notre pays n'en peut plus! Ces symboles choisis parmi une multitude, ne sont qu’un échantillon très réduit du "carnage" que la droite UMP a réalisé depuis 1995 et particulièrement depuis 2007.

Pour autant, la gauche n'échappe pas à sa responsabilité en 2002 et 2007 dans cette catastrophe sociale et économique. François HOLLANDE n’a donc pas le droit à l’erreur en 2012 et, pour cela, il doit montrer qu’il n’y aura pas non plus de renoncement jusqu’en 2017. Pour l’instant, je comprends qu’il réserve ses arguments pour dénoncer l’hypocrisie de Sarko et qu’il ignore intelligement les attaques venues de nos partenaires de gauche. Mais rapidement, comme il semble commencer à le faire, il va devoir convaincre l’électorat qui a besoin de l’espoir d'un changement et donner les signes forts et tangibles que la gauche peut, même dans la tempête, ramener le pays à bon port. Les primaires ont consacré un candidat qui humainement se détachait sans ambiguïté de tous les autres. Il faut maintenant donner aux électeurs l’envie de défendre ce qu’il va nous proposer. Pour cela, même si mon soutien lui est acquis depuis bien longtemps, il va falloir que ses propositions soient à la hauteur des besoins. Et je ne veux pas entendre les raisons qui font qu’on ne peut pas, je veux seulement entendre les mots qui donnent envie et qui font rêver du chemin de la réussite. 

 C’est pour "faute morale" que Sarkozy a déjà perdu, mais c’est par manque d’enthousiasme "moral" que les français n'ont pas encore fait gagner Hollande  !

Ceci étant, Bonne Année, Bonne Santé et je vous souhaite en 2012 le changement, pour vous et ceux que vous aimez.  

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Par Alain Detavernier - Publié dans : Politique Nationale
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