Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 15:47

Le fait qu’en politique il faille en permanence donner des gages à son propre camp, pénalise dès sa victoire, l’autonomie d’une majorité nouvelle. Ce que Mitterrand avait appelé la « France Unie », et que Sarkozy nomme l’ouverture, et bien Istres l’a conjugué au dernier conseil municipal. Est-ce à dire que cette ouverture est une erreur politique ? Démocratiquement bien sur que non. Tous les électeurs croient être ainsi représentés. Mais politiquement ? Pensez vous vraiment qu’un patron d’exécutif puisse un instant prendre le risque de faire un cadeau en renforçant ses adversaires ? Ceci ne peut-être acceptable que   si et seulement si, l’adversaire devenu cogérant, adopte de facto l’attitude de la poule devant une fourchette. En clair que son ministère soit celui du silence. Par contre, pour l’auteur de l’ouverture, la voie est royale.
Au futur, comment les électeurs qui avaient voté pour les nouveaux entrant peuvent-ils réagir ? Méfiants, ils s’abstiennent au prochain scrutin, et se faisant ils votent indirectement pour celui qu’ils combattaient. Echec pour eux! Voter pour, c’est avaler son chapeau, re-Echec ! Reste le vote extrême. Moralement contraignant, on peut y exprimer sa différence, mais elle favorise aussi l'adversaire. Donc échec, Mat !  Ainsi Mitterrand renforça le score du FN, et  aujourd'hui Sarkozy engraisse vaillamment le facteur de Neuilly. Et à Istres ? Et bien à Istres rien n’est différent. Sauf qu’au train ou vont les choses, les excès des dirigeants socialistes du SAN ou du CG contre Bernardini, le conduise tout droit dans les bras du maire de Marseille. Bien sur, tout ceci ne se fera pas dans la lumière, mais objectivement quelle autre solution peut-être offerte au maire d’une ville assiégée et privée de ressources ?
 

En démocratie, la victoire condamne donc la majorité à composer avec les perdants. Si elle ne le fait pas, elle paraît s’isoler, si elle le fait elle perd son âme. La semaine suivant les municipales, F. Bernardini me proposa de siéger au SAN avec le Grand Istres. Je refusais sa proposition du fait de nos différences, mais aussi en souvenir de la nomination pestilentielle au SAN de l’un de mes anciens colistiers, après notre défaite face à Mme Joulia. Je n’oublierai jamais ce handicap moral qui anesthésia dès lors, toutes nos actions dans l’opposition. Cette attitude politique qui consiste sous couvert d’ouverture à accepter n’importe quoi, dégrade la lisibilité politique que doivent avoir les électeurs pour un vote. Il ne s’agit pas de refuser l’idée d’alliance, il s’agit seulement d’être le plus clair possible dans le projet.
Le concept droite/gauche est né de la position géographique des députés dans l’assemblée constituante. Il symbolise deux projets de sociétés différents. Cette logique du contraste dite bloc contre bloc, évite l’influence des minorités au centre et aux extrêmes, génératrices de chaos politiques. C’est aux femmes et aux hommes, à l’intérieur des partis, d’ajuster leurs propositions pour satisfaire l'électorat. Faire passer les individus d’un banc à un autre ne change que les majorités, mais pas le sens de leur action. Regardez Besson, Kouchner et Fadela Amara. Pensez vous vraiment que Sarkozy ait changé de politique à cause d’eux ? Le seul risque pour lui sera de les remplacer. Mais les Lang ou Allègre sont nombreux, n'ayez crainte! Pensez vous également que Rocard ou Juppé soient crédibles face au Roi qui décide de tout,  tout le temps ? Il faut reconnaître que l’art de la politique n’est pas donné à beaucoup mais par contre, beaucoup peuvent le comprendre.
Il suffit de regarder avec qui et vers où !

Par Alain Detavernier - Publié dans : Politique Locale
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