Le rythme
actuel des évènements sociaux est tel, qu’un rejet massif paraît inévitable. Comme pour toutes les crises, le repli sur soi est un acte réflexe qui conduira les électeurs à la radicalisation. Non
pas que leurs intentions soient extrémistes, mais c’est la seule façon d’exprimer leur ras le bol.
Hurler, crier sa souffrance, sa peur de l’avenir.
Ceux qui aux commandes du pouvoir national ou local, feignent d’ignorer ce désarroi seront coupables des conséquences. Quant à ceux qui tentent d’abuser
l’incrédulité de ces asphyxiés de la misère, ils ne valent pas mieux qu’un cautère sur une jambe de bois. La réalité reste, et les incantations outrancières ne servent pas les victimes du
capital. Car c’est bien le pouvoir de l’argent sur notre économie qui aujourd’hui fait des ravages. Sarkosy incarne parfaitement toute la perversité de cette crise. Justement la crise, si elle
existe, c’est bien parce que des profiteurs l’ont engendré, pas des travailleurs. Tous ceux qui ont la,chance d'avoir un job ne contribuent qu’à justifier la plus value sur les produits
fabriqués, et ensuite docilement, ils consomment avec le salaire qu’ils ont gagné !
Alors qui sont les coupables ?
Le moment n’est-il pas venu enfin de redonner au travail la seule valeur qui convienne; celle de faire vivre. Pourquoi dans notre culture, penser qu’un ouvrier est moins important qu’un
ingénieur ? Le boulanger qui très tôt le matin prépare ses fournées, est-il moins utile à l’économie que le financier qui pour son argent, cherche le bon produit et le bon endroit pour le
fabriquer et le vendre? Dans notre société, chaque individu est un papillon pour qui, chaque battement d’aile permet sa survie. Certains pensent que ce battement d’aile peut provoquer des
cataclysmes. Perso, je préfère les verres à moitié pleins, alors pas d'effet papillon négatif.
Le travail est probablement l’acte social qui a le plus évolué depuis un siècle et demi. Travail des enfants, assurance maladie, temps de travail, code du travail, congés payés, formation continue, retraite, précarisation, marchandisation et bien d’autres, ont modifié ce qui à l’origine n’était que la location d’énergie humaine contre de l’argent ou des avantages en nature. Dans cet échange, l’exploitant et l’exploité doivent trouver leurs comptes et se rapprocher. Il faut des entrepreneurs pour qu'il y ait des emplois, c'est indiscutable! Pourtant, aujourd’hui, après des années de profit, l’exploitant peut retirer ses billes quand bon lui semble et partir profiter du soleil. Les travailleurs eux, formés aux frais de leurs parents et de nos impôts, peuvent alors aller se faire voir au soleil de l'ANPE ! Pourtant sans eux, qu’auraient fait les géniaux investisseurs ou les fringuants managers ?
Ramener le coût du travail à l’échelle de la planète ne change rien à sa valeur humaine, pour ne pas dire "humanitaire". Le travail est le seul moyen
d’empêcher les hommes de s’entretuer à nouveau, et de retourner dans les grottes d'où ils sont sortis il n'y a pas si longtemps. C’est par le travail que notre société s’élève, pas par
la richesse. La première mission des politiques est de préserver l’acquis et de tout faire pour que ce viatique de l'humanité résiste, malgré l'individualisme naturel des hommes.